Dominique Warluzel,
célèbre avocat et présentateur télé

Dominique Warluzel : un avocat passionné par le cinéma et le théâtre

Dominique Warluzel a mené une carrière d’avocat avec succès. Pour autant, il n’a jamais quitté des yeux son premier amour : la scène et en particulier le théâtre.

A 18 ans, Dominique Warluzel décide de se lancer dans des études de droit. Un cursus qu’il va débuter à l’Université de Genève et qu’il achèvera en 1980, obtenant alors sa licence de droit à l’âge de 23 ans. Alors sans expérience, le jeune suisse parvient à décrocher un stage auprès d’un célèbre avocat genevois : Dominique Poncet. Véritable modèle pour Dominique Warluzel, c’est à ses côtés qu’il va faire ses débuts au prétoire. Jusqu’à 1991, il passera du statut de stagiaire à celui de collaborateur puis à celui d’associé.

Sa carrière décolle lorsqu’il se voit confier la défense du ravisseur de la fille de Frédéric Dard. Alors âgé de 27 ans, Dominique Warluzel obtient les louanges de la part de la Presse et du monde judiciaire grâce à sa plaidoirie.

Acculé par les faits, le ravisseur écopera finalement de la peine maximale. La réputation de Dominique Warluzel s’envole malgré tout.

Après un enchaînement d’affaires marquantes qui assiéront sa légitimité dans le monde judiciaire, Dominique Warluzel se fait l’avocat des stars.

Il accompagne de grandes personnalités du cinéma français afin de les conseiller sur leurs droits liés à la propriété intellectuelle.

Une vraie passion pour le théâtre

C’est avec passion qu’il mène sa carrière d’avocat. Pourtant, Dominique Warluzel aurait voulu porter un autre costume dès son plus jeune âge. A sa majorité, le jeune suisse et son ami Christophe Lambert ne s’imaginent pas en train d’étudier dans un amphithéâtre, mais au théâtre tout court. Cependant, leurs familles respectives ne voient pas d’un bon œil leur duo. Ils sont séparés et chacun envoyé dans une ville différente. Ce sera Paris pour Christophe et Nice pour Dominique. Si le premier entame des études artistiques au Conservatoire de Paris, le deuxième, poussé par sa mère, devra suivre des études plus classiques. Il se lance alors dans le droit.

35 ans plus tard, Dominique Warluzel revient à ses premiers amours et dévoile sa première pièce de théâtre : Fratricide. Déjà avocat et animateur de télévision, le voilà désormais auteur dramatique. Pour Dominique Warluzel, le théâtre est à ses yeux « l’art qui combine le mieux l’éloquence et l’esthétique visuelle. ». L’histoire est celle de deux frères que tout divise et qui mènent un combat sans merci dans le cabinet d’un notaire. La pièce va se jouer plusieurs années à Paris avec une mise en scène de Delphine de Malherbe. Les deux personnages principaux sont joués par Pierre Santini et Jean-Pierre Kalfon.

Dominique Warluzel : du barreau au plateau

Le théâtre n’a pas été le seul domaine artistique exploré par Dominique Warluzel durant sa vie. Il a aussi mis ses talents oratoires au service de la télévision, cette fois en tant que producteur d’émissions d’information judiciaires.

Première émission : Profil de…

Finalement, ce n’est pas au théâtre que Dominique Warluzel évoluera sous les projecteurs mais à la télévision. Pour lui, la télévision fonctionne grâce aux mêmes mécanismes que le cinéma, son autre passion. « Etre un rouage penseur de cet appareil me passionnait », explique t-il dans un documentaire qui retrace sa vie. Il voulait en comprendre sa conception et son fonctionnement.

En 1987, il présente à la Télévision suisse romande sa première émission, « Profil de… » enregistrée au Studio 4. L’émission dresse le portrait d’une personnalité du cinéma, du sport ou de la politique, en la mettant dans de diverses situations affectives et humoristiques de sa vie passée et présente. C’est la première fois que l’avocat apparaît derrière le petit écran.

Pour sa première émission, Dominique Warluzel invite son ami d’enfance Christophe Lambert. Après le succès des films « Greystoke », « Highlander » et « Subway », l’acteur est populaire et peut lui assurer une bonne audience. Le principe de « Profil de… » est d’entrecouper des vidéos filmées en amont (micro-trottoirs, témoignages de proches, vidéos humoristiques) avec des discussions sur le plateau ainsi que des interludes musicaux. Même si elle n’est pas diffusée en direct, l’émission est enregistrée dans les mêmes conditions.

D’autres personnalités sont également présentes pour commenter des souvenirs ou des passages de la carrière de l’acteur. Renaud, Eddy Mitchell, Johnny Hallyday, Alain Delon sont invités pour cette première émission qui sera un succès. « Qui a dit qu’on ne savait pas faire des variétés à la TV romande ? », écrit même le quotidien La Suisse. « Au fond, l’important c’est de donner au public ce qu’il attend », rédige quant à lui le Journal quotidien 24 heures.

Emission “Dans mon cinéma” avec Alain Delon comme invité

C’est dans les coulisses de cette première édition que Dominique Warluzel va rencontrer Alain Delon qui deviendra alors un ami. Les deux hommes portent aujourd’hui un bracelet qui scelle leur amitié, symbole du lien fort qui les unit.

D’autres émissions suivront et dresseront les portraits d’Alain Prost, Alain Delon et Renaud. Ce dernier se montrera à la fois timide, touchant et révoltée dans l’émission qui lui est consacrée.

Présentateur de plusieurs magazines judiciaires

Après le succès de « Profil de », Dominique Warluzel présentera un tas d’autres émissions, plus orientées vers le monde judiciaire. Certaines d’entre elles étaient totalement inédites à la télévision. En tant que présentateur et producteur, il va signer plus d’une centaine d’émissions sur la justice dont :

« Justice en marche » avec Valérie Bierens de Hahn (24 émissions)

« Vérité, vérités » avec Bernard Pichon (40 émissions)

« Au-delà des grilles » (8 émissions)

« Duel » (32 émissions) Béatrice Barton

« L’Étude » (8 émissions) avec Béatrice Barton

En novembre 1993, l’émission « Justice en marche », diffusée sur la RTS (Radio télévision suisse), se penche par exemple sur une question qui fait débat : Faut-il supprimer le téléphone rose ? Pour répondre à la question, un jury populaire est invité à donner son avis à la fin de l’émission. Sur le plateau, deux personnes en désaccord : l’une contre le téléphone rose et l’une contre l’intervention de l’État dans le domaine sexuel.

Tout au long de l’émission, les deux intervenants confrontent leurs idées en direct en faisant intervenir leurs invités. Dominique Warluzel est quant à lui l’arbitre de ce débat et pose des questions pour aiguiller les propos.

Autre exemple d’émission, le magazine judiciaire « Duel » diffusée sur la RTS dès le mois d’avril 2000. L’émission fait le point sur l’actualité judiciaire dans le monde entier, elle aborde notamment des sujets la question de l’internement à vie des délinquants sexuels dangereux, ainsi que les grands procès en cours en Suisse Romande ou ailleurs. Par exemple le procès criminel aux Etat-Unis  d’un mineur de 14 ans avait été jugé comme un adulte et condamné à la peine maximale. Aux côtés de Béatrice Barton, Dominique Warluzel va vulgariser le système judiciaire actuel et présenter les différents points de vue sur cette question.

Une carrière télévisuelle qui dérange

L’arrivée de Dominique Warluzel dans le monde de la télévision n’a pas toujours été vue d’un bon œil.

Le reste de la profession considérait que son activité en tant que présentateur constituait une démarche publicitaire pour ses activités en tant qu’avocat. Une pratique normalement interdite dans son métier. 

Dans les journaux suisse ou dans des magazines tels que Télérama, on pouvait lire les titres : « L’ordre des avocats fera-t-il obstacle à Me Warluzel ? », « Qui veut la peau de Dominique Warluzel ? », « Ne m’appelez pas Maître ».

La secrétaire à Genève du Syndicat suisse des mass media, Dominique Proz, estime qu’en choisissant Dominique Warluzel, la Télévision « n’a d’autre but que de surprendre, de provoquer et pour tout dire, faire un coup ».

Finalement, il s’en sortira en ne mêlant pas sa profession d’avocat à son rôle de présentateur.

Un documentaire sur la vie de Dominique Warluzel

Ancien directeur des programmes de la télévision Suisse-Romande et évoluant lui aussi dans le monde de la Télévision, Raymond Vouillamoz connaît parfaitement les mécanismes de la critique.

Ami de longue date de Dominique Warluzel, le réalisateur décide de raconter sa vie au travers d’un documentaire. « Avec la vie que j’avais », diffusé en 2015 et co-produit avec la RTS, raconte la carrière de l’avocat, ses débuts à la télévision, les tourmentes associées, ses conquêtes amoureuses, mais aussi son AVC qui le foudroie en 2013.

Alors qu’il se trouvait aux Bahamas, Dominique Warluzel va être touché par un accident vasculaire cérébral qui va le laisser hémiplégique. Il œuvre depuis à sa rééducation physique et neurologique.

Dans le film, c’est Béatrice Barton, amie proche qui prête sa voix sur les images.

Elle raconte elle-même son admiration pour cet homme brillant qui aujourd’hui lutte pour retrouver une vie normale. Un documentaire émouvant qui retrace le parcours atypique de ce jeune suisse qui se rêvait acteur de cinéma.

i

Articles de Presse

La Suisse
4 octobre 1987

L’émission “Profil de…” avait déjà abondamment fait parler d’elle avant même qu’un spectateur ne l’ait vue. L’enregistrement a eu lieu à mi-septembre, et, si nous jugeons sur cette pièce à conviction, cette nouvelle émission a toutes les chances d’être un bon cru …

L’Hebdo
22 janvier 1987

Ne m’appelez pas “maître”. Après Le défi, Grand format ? Dans le plus grand secret, la TV romande monte un “coup” avec l’avocat – pardon : le citoyen – Dominique Warluzel …

La Suisse
17 janvier 1987

Un avocat veut jouer les Drucker. Dominique Warluzel pourrait bien animer une émission de divertissements réalisée par la TV romande. Vendredi après-midi, l’avocat genevois préparait la maquette de son projet dans le très spacieux studio 4 …